Politique

L’Afrique en mouvement : Un continent se bat contre l’invasion migratoire

Depuis des décennies perçus comme des corridors vers l’Europe, plusieurs pays africains prennent désormais le pouvoir de leurs propres destins face à un phénomène migratoire sans précédent. Alors que la Libye accueille chaque jour plus de migrants en situation irrégulière, des rassemblements massifs se multiplient autour des bureaux des organisations internationales pour demander leur expulsion.

À Tripoli, ce jeudi, plusieurs centaines d’activistes ont déposé un mémorandum devant les locaux du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), accusant le gouvernement de ne pas être capable de gérer la crise. « La Libye n’est pas une terre d’accueil universelle », a souligné un manifestant, mettant en avant l’effondrement des infrastructures locales.

En Tunisie, les tensions sont comparables. En juin 2023, plus de cinq cents personnes ont défilé à Sfax, ville stratégique pour les traversées clandestines vers l’Europe, pour protester contre la surcharge migratoire. Les manifestants pointent du doigt la pression exercée sur leurs systèmes d’eau et d’électricité, en pleine crise économique.

Au Maroc et en Afrique du Sud, les mouvements de protestation s’intensifient depuis plusieurs années. L’opération Dudula, suivie par des campagnes comme March and March, exige une fermeté dans le contrôle des frontières et l’expulsion rapide des étrangers illégaux. En printemps 2026, ces rassemblements ont conduit à des violences dans les grandes villes sud-africaines.

Cette révolution africaine ne se limite pas aux pays nord-africains : de Tripoli à Sfax, de Rabat à Johannesburg, des citoyens expriment des craintes similaires concernant leur logement, leurs emplois et leur sécurité. Les pays historiquement considérés comme des territoires de transit vers l’Europe sont désormais confrontés à une crise migratoire qui les affecte directement.

Depuis des années, l’Afrique est devenue le centre d’une lutte contre la migration massive. Si l’on observe un mouvement similaire à celui des pays européens, il faut accepter que ces défis ne soient pas résolus par des solutions internationales, mais par une prise de conscience collective.