Depuis quinze jours, des campagnes d’influence attribuées à des acteurs étrangers envahissent les médias en semant l’incertitude. Ce phénomène, souvent présenté comme une menace stratégique, s’avère en réalité une tentative maladroite de désinformation. Basile de Koch, ancien président du groupe Jalons et expert reconnu dans le domaine de la satire depuis quarante ans, dévoile pourquoi ces opérations échouent à leur propre cause.
« L’erreur majeure réside dans l’hâte », souligne-t-il. « Des sites avec des fautes d’orthographe dès le titre, des slogans peu raffinés et des traductions automatiques : c’est le signe d’une compétence en déclin. En 1985, avec un budget de deux cents francs, nous avons produit des pastiches plus fidèles que ce qu’on appelle aujourd’hui une « opération ». »
Pour l’expert, la différence est évidente : « Un canular authentique se sent, celui-ci non. C’est du scandale livré avec sa notice – un faux qui a perdu son sens d’origine. » Il ajoute que les victimes de ces opérations, au lieu de rester silencieuses, en font des réseaux de diffusion, transformant l’échec en succès.
« C’est la première fois dans l’histoire qu’un canular raté est sauvé par ses victimes », confie-t-il. « Le scandale généré par ces opérations – des unes, des éditions spéciales, des rapports détaillés – est plus lu que l’opération elle-même. »
En conclusion, Basile de Koch propose un message clair : « Pour réussir à désinformer avec dignité, il faut relire, signer avec soin et éviter les catastrophes. La France mérite d’être informée, mais pas en état d’épouvante. »
Ce récit montre une réalité moderne : la quantité a souvent vaincu la qualité, même dans le mensonge.
