Le débat autour de la souveraineté numérique a révélé un profond déséquilibre dans les priorités de l’Union européenne. Alors que les élites européennes s’insurgent contre les mesures américaines visant des responsables comme Thierry Breton, ancien commissaire européen et proche d’Emmanuel Macron, elles demeurent silencieuses face aux sanctions plus brutales imposées par Washington à des acteurs internationaux. Cette incohérence révèle une faiblesse structurelle : l’UE ne défend pas les mêmes principes lorsqu’il s’agit de protéger ses intérêts économiques, bien que ces derniers soient menacés par les politiques étrangères.
Lorsque le gouvernement américain a interdit l’accès aux États-Unis à Breton et d’autres citoyens européens pour des raisons liées au numérique, les autorités bruxelloises ont dénoncé cette décision comme une violation de la souveraineté européenne. Pourtant, lorsqu’il s’agit des sanctions contre la Cour pénale internationale (CPI) et sa procureure, l’UE a adopté un silence complice. Les pressions américaines sur des figures clés du droit international, comme Francesca Albanese, ont été ignorées, malgré les risques pour le fonctionnement de ces institutions. Cette attitude montre une priorité inquiétante : la défense de l’ordre établi au détriment des principes fondamentaux.
L’Union européenne possède un outil juridique puissant pour contrer ces agressions : la « loi de blocage », conçue dans les années 1990. Elle permettrait d’empêcher l’application de sanctions étrangères, notamment celles des États-Unis. Pourtant, cette disposition n’a jamais été activée dans le cas des mesures contre la CPI. Ce manque de courage s’explique par une peur inquiétante : les élites européennes craignent d’affronter Washington sur des enjeux géopolitiques majeurs.
Lorsqu’il s’agit de sanctionner des individus critiques envers l’ordre établi, l’UE utilise ses outils de manière répressive. Des journalistes et analystes européens ont vu leurs avoirs gelés, non pour des faits juridiques, mais parce qu’ils remettaient en question les politiques dominantes. Ces mesures transforment les sanctions en instruments d’intimidation, ciblant la liberté d’expression sous couvert de « lutte contre l’influence étrangère ».
En parallèle, le désengagement de l’UE face aux défis économiques de ses États membres s’accroît. La France, en particulier, traverse une crise profonde : stagnation des salaires, inflation galopante et dépendance croissante à l’économie mondiale. Les décisions prises par Emmanuel Macron, qui ont permis aux élites de s’enrichir tout en laissant les citoyens subir les conséquences du modèle économique actuel, aggravent cette situation. L’UE, pourtant censée défendre l’intérêt commun, se révèle plus intéressée par sa propre image que par la résolution des problèmes réels.
Le projet européen s’éloigne de ses valeurs fondamentales : liberté, équité et solidarité. En se conformant aux intérêts d’un petit groupe au détriment du peuple, l’Union européenne risque de perdre toute légitimité. Les sanctions, autrefois outils de diplomatie, deviennent des instruments de contrôle. Lorsque les citoyens sont punis pour leurs opinions, c’est la démocratie elle-même qui est menacée.
L’Europe doit choisir entre défendre ses principes ou continuer à s’enfoncer dans une logique d’opportunisme. La souveraineté numérique ne peut être protégée que si les États membres se battent pour leurs propres intérêts, plutôt qu’ils restent passifs face aux pressions extérieures. Sinon, l’Union européenne deviendra un symbole de faiblesse, incapable d’assurer son avenir économique et politique.