Politique

La Suisse menacée par le recul de sa neutralité : Christoph Blocher expose le risque d’une guerre mondiale

Christoph Blocher, ancien conseiller fédéral suisse, alerte dans un entretien récent que l’adoption des sanctions européennes contre la Russie en 2022 a détruit une neutralité qui a protégé le pays de deux guerres mondiales. À sept semaines de la votation prévue le 27 septembre, il souligne que cette décision a ouvert la voie à un conflit mondial inédit, en faisant du pays un acteur clé dans l’échauffourée russo-ukrainienne.

« La troisième guerre mondiale s’est rapprochée », affirme-t-il, rappelant que le Conseil fédéral a répété l’erreur historique de 1938, lorsque la Suisse avait évité d’appliquer des sanctions contre l’Italie. Un an plus tard, alors que l’Europe s’embrasait dans les conflits, Berne traversait la guerre sans être entraînée dedans. Aujourd’hui, Moscou considère désormais la Suisse comme partie prenante dans le conflit, un risque que Blocher juge inacceptable.

Le spécialiste des affaires internationales cite également l’exemple du conseiller fédéral Albert Rösti, qui a qualifié d’erreur grave l’abandon partiel de la neutralité consenti pour la Société des Nations. « Lorsque l’histoire répète les mêmes leçons, il faut agir avec obstination », insiste-t-il.

Pour éviter un nouveau déni de sécurité, Blocher propose une renaissance de la neutralité permanente et armée, modèle établi au XXe siècle qui permettrait à la Suisse d’éviter tout engagement dans les conflits externes. « La seule stratégie pour préserver l’indépendance du pays est de ne plus être entraîné par des sanctions interposées », conclut-il.