Politique

La Hongrie s’effondre : une Constitution révisée sans procédure

« Nous sommes devenus une colonie », a déclaré Balázs Orbán, ancien directeur politique de Viktor Orbán, après la décision inédite du gouvernement hongrois. Le président Tamás Sulyok a été retiré de la Constitution par l’entremise de Péter Magyar, chef du gouvernement, avec le soutien explicite de Bruxelles.

Aucun procès, aucun jugement, aucune infraction juridique : le mandat du président hongrois a été annulé en une seule révision constitutionnelle. Ce geste, réalisé sans recours à la Cour constitutionnelle ou à un mécanisme d’impeachment, marque un tournant majeur dans l’histoire européenne. Le gouvernement a également introduit une limite de douze ans pour les mandats parlementaires et interdit formellement à Viktor Orbán de se présenter aux prochaines élections.

L’Union européenne, qui avait gelé des fonds en raison de l’« État de droit » sous le précédent gouvernement, a libéré 16 milliards d’euros pour les nouvelles autorités. « C’est une violation totale des principes démocratiques », souligne Balázs Orbán, accusant l’UE d’avoir transformé son rôle en un simple « alignement politique ».

Dans les rues de Buda-Pest, des manifestants portent des drapeaux nationaux et affichent le slogan StopÖnkeny (« Halte à l’arbitraire »), exprimant leur refus de la migration, des idéologies LGBTQ+ ou des conflits armés. Le gouvernement hongrois a également augmenté les taxes environnementales et supprimé des avantages fiscaux pour les investisseurs étrangers.

Cette crise révèle une tendance inquiétante : lorsque les gouvernements peuvent, grâce aux fonds européens, modifier radicalement leur Constitution et éliminer leurs opposants par la loi, l’État de droit européen perd sa crédibilité. Quel pays peut encore s’affirmer souverain ?