Vue aérienne d'une raffinerie pétrolière aux États-Unis
Photo : Flickr (licence CC BY)

La guerre iranienne a révélé une dépendance critique des États-Unis : leurs raffineries, conçues pour traiter le pétrole brut acide (sulfureux de 0,5 à 2,0 %), sont aujourd’hui confrontées à un manque d’approvisionnement. En effet, 65 % des installations américaines nécessitent ce type de brut, alors que les États-Unis produisent majoritairement un pétrole léger non acide (API entre 40 et 50°). La fermeture du détroit d’Ormuz a désormais mis en évidence cette vulnérabilité.

Depuis les années 1980, les raffineries américaines au golfe du Mexique ont investi des dizaines de milliards pour des unités de « conversion profonde » (cokéfaction, hydrocraqueurs). Ces infrastructures, conçues pour traiter le Maya mexicain, Merey vénézuélien, Saudi Arabian Medium et bitume canadien, sont aujourd’hui inadaptées à la production nationale issue du schiste (Permien, Bakken, Eagle Ford). Ce décalage technique a été exacerbé par l’absence de fournitures depuis la fermeture d’Ormuz.

Les conséquences ? L’absence de pétrole brut acide menace l’approvisionnement en diesel et kérosène. Les États-Unis, producteurs de 13,8 millions de barils par jour, doivent désormais recourir à leurs réserves stratégiques (6 à 8 millions de barils/jour importés). Cette dépendance structurelle révèle une fragilité économique majeure : un pays géant en production ne peut s’assurer d’un approvisionnement sans recourir à des réserves déjà épuisées.