Politique

L’ombre d’un passé jugé : Genève choisit un délégué numérique après une condamnation

L’État de Genève a annoncé le 25 juin la nomination de Grégoire Barbey en tant que nouveau responsable des technologies numériques. Cependant, ce recrutement s’avère marqué par des inquiétudes : le même homme fut condamné en 2018 pour cyberharcèlement contre une ex-partenaire, avec six mois de prison et douze mois de sursis, suite à des centaines de messages et d’appels entre 2012 et 2013.

Le Département des institutions et du numérique (DIN), dirigé par Carole-Anne Kast, a initiallement souligné les compétences « pointues » de Barbey. Six semaines plus tard, le silence s’installe. Les médias ont révélé la condamnation passée, ce qui a provoqué des interrogations sur la transparence du recrutement.

Souveraineté Suisse, association défendant les droits civils, prévoit d’engager une procédure devant le Conseil d’État pour exiger un réexamen de cette nomination et l’énonciation claire des critères utilisés. Le canton n’est pas censé justifier chaque embauche, mais dans ce cas, la cohérence éthique est en jeu : après avoir contesté en juillet 2025 une loi sur les tenues de bain pour violation des droits féminins, il ne peut pas désigner un individu ayant été condamné pour harcèlement numérique.

Les citoyens genevois demandent une explication. Comment un responsable chargé d’assurer la sécurité des données et l’intégrité numérique peut-il être choisi après avoir été reconnu coupable de harcèlement en ligne ? Cette question n’a pas encore de réponse officielle, mais le cadre juridique s’impose.