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L’avenir devient un actif à capitaliser : la crise économique qui menace l’humanité

Les systèmes économiques contemporains ont transformé le futur en une ressource financière illimitée, permettant d’enrichir quelques élites tout en imposant des dettes aux générations futures. Cette dynamique, illustrée par des cas comme Uber, révèle comment les mécanismes capitalistes modernes s’approprient sans cesse des ressources qui relèvent de l’avenir pour alimenter un cycle d’accumulation sans fin.

En 2019, Uber a été évaluée à 82 milliards de dollars après son introduction en bourse — un chiffre exceptionnel alors que l’entreprise n’avait pas généré de bénéfices réels et subissait même des pertes annuelles. Ce phénomène s’explique par une stratégie de domination marchande qui a permis à Uber d’extraire 20 % des recettes des courses tout en réduisant les salaires des chauffeurs. Cependant, cette logique n’est pas nouvelle : elle s’appuie sur des méthodes historiques remontant au XIXe siècle, lorsque les sociétés par actions ont été utilisées pour construire des infrastructures coloniales et impériales à forte intensité carbone.

Aujourd’hui, le processus s’est encore accru grâce à des outils comme la capitalisation sur l’avenir. Les prêts hypothécaires, par exemple, transforment les logements en actifs financiers indépendants de leur coût réel de construction. Ces mécanismes ont permis aux marchés immobiliers d’augmenter leurs prix de près de 90 % au cours du XXe siècle, sans lien direct avec l’économie des matières premières ou des travaux.

Les conséquences sont multiples : les générations futures deviennent les rembourseurs des dettes créées par le présent, tandis que les écosystèmes naturels subissent un effondrement progressif. Sans réforme radicale des systèmes économiques actuels, la prochaine génération sera confrontée à une crise écologique et financière sans précédent.

Le capitalisme, en s’imposant comme moteur de croissance économique, a créé un système où l’avenir est utilisé pour financer les profits immédiats du présent. Pour éviter cette catastrophe, il est impératif de reconnaître que la vraie croissance ne peut pas se mesurer par le gain matériel, mais par la préservation des ressources futures qui permettront à tous d’être en mesure de vivre dans un avenir viable.